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    Dimanche 19 Novembre 2000

Cétacés : la grande mobilisation

Plusieurs centaines de spécialistes ont participé hier à la neuvième conférence internationale pour la protection des mammifères marins en Méditerranée occidentale

De la presqu'ile de Giens jusqu'à Fosso Chiarone en Ligurie en passant par la pointe nord de la Sardaigne, s'étend sur 96 000 km2 depuis le 25 novembre 1999 le bassin corso-liguro-provençal, un sanctuaire marin. Il s'agit d'un espace maritime dessiné d'une seule main par l'Italie, la France et Monaco, pour protéger les cétacés dans cette partie occidentale de la Méditerranée la plus fréquentée par les dauphins et les baleines. Pour preuve, Alexandre Gannier du Centre de recherche sur les cétacés y recense « 213 dauphins bleus et blancs pour 100 milles ».

Répondant aux attentes des scientifiques et des écologistes, la localisation géographique de la Réserve internationale maritime en Méditerranée occidentale (Rimmo) n'est pourtant que la première étape d'un travail de protection des mammifères marins. C'est l'avis de Mike Riddell, patron du parc d'attractions Marineland et président de la Rimmo : « Ce sanctuaire est, pour l'instant, une coquille vide. Il est délimité, mais il n'y a pas encore de règlement intérieur. Nous avons accompli le plus facile. Reste maintenant à se demander tous ensemble comment nous allons le faire fonctionner concrètement. C'est un travail de longue haleine. »

Ne pas tout interdire

Un travail qui a débuté hier au palais des congrès de Juan-les-Pins où plus de trois cents acteurs du milieu maritime se sont retrouvés dans le cadre de la IXe conférence internationale pour la protection des mammifères marins en Méditerranée occidentale. Une journée de colloques entièrement tournée vers un objectif : faire la synthèse des études et avancées scientifiques accomplies pendant cette première année d'existence du sanctuaire pour extraire de cette assemblée hétéroclite mêlant scientifiques, universitaires, élus, associatifs, fonctionnaires, pêcheurs, plaisanciers... un consensus général. Un accord qui devrait, dans quelques semaines, prendre la forme d'une motion qui servirait de bases aux discussions à venir pour l'élaboration de la charte de fonctionnement de la Rimmo.

« En aucun cas il n'est question de tout interdire dans cette zone. Ce serait parfaitement utopique, reconnait Mike Riddell. L'idée, c'est de définir avec tous les interlocuteurs un projet commun susceptible d'harmoniser et de motiver tout le monde autour de l'objectif suprême, la protection des cétacés. »

Comme base de discussion, le ministère français de l'Environnement a proposé hier, par la voix de Nicole Jensen, directrice adjointe du parc national de Port-Cros, de s'inspirer de cet exemple varois. « Nous proposons de confier au parc national la mission de coordination de ce projet qui consiste à bâtir une structure de gestion capable d'opérer une synergie entre tous les acteurs de la mer. Cet ouvrage a déjà été réalisé avec succès à Port-Cros. »

Nombreuses divergences

Mais malgré les grandes déclarations d'intention, chacun se retranche derrière la défense de son intérêt personnel. Alex Plusquellec, chef du Comité régional de liaison des pêcheurs méditerranéens prévient : « Nous sommes très heureux d'être associés aux discussions, mais il n'est pas question de faire de ce sanctuaire, une réserve naturelle au détriment des professionnels de la pêche ».

Conscient des divergences de vue qui opposent à l'heure actuelle l'ensemble des interlocuteurs, Mike Riddell reste pourtant confiant et résolument optimiste envers l'avenir : « Nous ne pouvons plus faire machine arrière. Nous avancerons à petits pas mais nous avancerons ».

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