Rapport RIMMO 2000  l  www.cetaces.com

 

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Cétacés dans le sanctuaire :
variations spatiales du peuplement

Alexandre Gannier (Centre de Recherche sur les Cétacés – Marineland, Antibes)

                         
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Surface du sanctuaire marin : 96 000 km2 avec des secteurs de topographies différentes.
En conditions estivales moyennes, l’abondance relative de huit espèces de Cétacés dans la zone centrale du sanctuaire a pu être calculée :

Dauphins bleus et blancs : 213 individus pour 100 milles d’effort d’échantillonnage.
Rorquals communs : 9,8.
Globicéphales noirs : 8,2.
Dauphins de Risso : 1,1.
Cachalot, Dauphin commun, Baleine à bec de Cuvier : < 1 individu / 100 milles.
Le Grand dauphin n’est pas comptabilisé ici car il a une distribution strictement côtière dans l’aire du sanctuaire.

Les Cétacés du sanctuaire :

Rorqual commun : sa présence nécessite des populations importante de krill (zooplancton) qui se situent davantage au sud  du Golfe du Lion (entre Corse et Baléares). Il est présent toute l’année dans le sanctuaire mais moins abondant en hiver. Un individu pèse en moyenne 60 tonnes et a pour cela besoin de 3 tonnes de krill par jour (il peut se déplacer pour trouver des proies alternatives). Au milieu de l’été on trouve les rorquals au Nord du 40e parallèle, la population présente dans le sanctuaire est évaluée à 2000 – 3000 individus.

Cachalot : difficilement observable puisqu’il passe 10 minutes en surface pour 40 – 50 minutes sous l’eau (en sonde). Ils se nourrissent de calmars et se reproduisent en Méditerranée. Cependant le sanctuaire n’es pas une zone favorable aux Cachalots et ils sont également victimes des filets dérivants qui font aujourd’hui environ une dizaine de morts par an (20 à 25 morts par an dans les années 80). La population estimée du Cachalot dans le sanctuaire est de 500 à 1500 individus.

Globicéphale noir : il se nourrit de calmars, se reproduit en Méditerranée et est quasi-absent du sanctuaire en hiver car c’est un migrateur. On connaît un groupe de 25 à 50 individus au large de la Provence mais leur population reste mal estimée dans le sanctuaire (environ 1000 individus). Dauphin de Risso : il se nourrit de calmars , se reproduit en Méditerranée et est présent dans le sanctuaire et le Golfe du Lion (abondant en saison froide). Sa population est mal connue mais très probablement supérieure à plusieurs milliers d’individus.

Dauphin bleu et blanc : il se nourrit de poissons et de calmars, il mesure environ 2 m. Il est présent toute l’année dans le sanctuaire et on distingue 2 groupes, l’un près de la côte, l’autre migrateur. Il est victime d’épidémies et également de la forte pollution en Méditerranée. En effet, dans la graisse de ce dauphin les concentrations en métaux lourds et en organochlorés sont dix fois plus importantes que chez son cousin de l’océan Atlantique. Sa population dans le sanctuaire est évaluée à 25 000 – 35 000 individus.

Dauphin commun : tendance ichtyophage plus marquée que chez le Dauphin bleu et blanc, il est donc plus en concurrence avec l’homme (notamment pour les anchois et les sardines). De ce fait on observe une raréfaction de l’espèce au Nord de la Méditerranée, ils sont présent surtout dans le Sud. Au sein du sanctuaire, on trouve un petit noyau de population au sud et une niche dans le golfe de Gènes, il affectionne les zones de talus en pente douce (100 à 800 m de profondeur). La zone favorable à ces dauphins est la large du Golfe du Lion où ils ont été éliminés par l’homme après la deuxième guerre mondiale à cause de la trop forte concurrence avec les pêcheurs.

Grand dauphin : il entre lui aussi en concurrence avec l’homme de part son régime alimentaire ichtyophage. Il se évolue à moins de 100 m de profondeur, est fréquent en Corse et en mer Tyrrhénienne et rare entre l’Italie et les îles d’Hyères.

Baleine à bec de Cuvier : elle se nourrit de calmars, effectue des sondes de 25 à 30 minutes et possède peu d’émissions sonores audibles par l’homme ce qui la rend difficilement repérable. Elle a des sites préférentiels de nourrissage.

Les provinces du sanctuaire

1) La zone Est Provence : c’est une « pompe » à nourriture, présence de Rorquals communs due à un talus abrupte entre les terres émergées et les fonds abyssaux. Cette province est caractérisée par une abondance plus forte de Cachalot et Globicéphale.  

2) Le Golfe de Gènes : c’est un anneau productif (trophique) mais par contre il est en talus en pente douce. Il est caractérisé par une abondance plus forte de Dauphin de Risso et moindre de Globicéphale.

3) La mer Nord Tyrrhénienne : bathymétrie faible avec donc abondance de poissons ; au niveau des bouches de Bonifacio on observe un courant d’upwelling ainsi qu’un petit circuit cyclonique qui forment une « pompe » à nourriture pour les baleines. Cette province est caractérisée par une moindre abondance de Rorqual commun et de Globicéphale noir.

4) La zone Ouest Corse : se situe en dehors de l’anneau productif, elle n’est pas concernée par la partie active du système frontal. Elle est caractérisée par une moindre abondance de Dauphin bleu et blanc.

Après un effort de prospection d’environ 10 000 km entre 1991 et 2000 a pu être effectué un calcul de la moyenne du taux d’observation en été (nombre d’animaux par kilomètre) :

 

Espèce

Nombre d’animaux / 100 km

Rorqual commun

4,4

Cachalot

0,6

Baleine à bec de Cuvier

0,1

Dauphin bleu et blanc

109

Dauphin commun

0,4

Dauphin de Risso

0,8

Globicéphale noir

3,2

 

Les diversités maximales sont observées dans les provinces1, 3 et 4 :

 

Espèce

Nombre d’animaux / 100 km / province

Province 1

Province 2

Province 3

Province 4

Rorqual commun

4,6

2,5

3,5

2,4

Cachalot

0,6

0

0,1

0

Baleine à bec de Cuvier

0

0

0

1,1

Dauphin bleu et blanc

116

110

86

14

Dauphin commun

0,1

0

2,7

0,3

Grand dauphin

0,1

0,1

0,3

5,4

Dauphin de Risso

0,7

5,8

0,4

0,6

Globicéphale noir

3,6

0

0,1

0

 

Remarques :

Les Globicéphales Noirs se situent au large de la Provence (Sud de Marseille) et ont un mouvement de migration vers le Sud car ils ont besoin d’une eau riche.

Dans le Sud de la Corse, au niveau de la petite « pompe » à nourriture, on trouve des Rorquals communs à 800 – 1000 m de profondeur.

On se demande pourquoi les Dauphin bleu et blanc sont peu présents en mer Tyrrhénienne (par rapport à l’été).

On observe des variantes régionales de plusieurs types :

Bathymétrie et/ou topographie ;

Petits régimes de production locaux peu étudiés ;

Mouvement migratoire des espèces pouvant être rapide (3 – 4 nœuds) ;

Pour les espèces ayant subit un récent déclin, il faut analyser la situation avec les foyers de populations restants, ne pas prendre une situation statique mais tenir compte de l’évolution évidente de cette population.

Rapport rédigé par Carole Fortuné -  Lettre.gif (4085 octets)  - Port-Fréjus Passion www.manon.org - source RIMMO

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