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Une algue aux caractéristiques exceptionnelles... Introduite accidentellement en mer à Monaco en 1984, l'algue verte d'origine tropicale se développe rapidement sur les côtes méditerranéennes. Elle possède un ensemble de caractéristiques exceptionnelles (résistance au froid, gigantisme, vigueur, densité, dominance...) encore jamais observées chez les populations tropicales de cette espèce, ni chez aucune autre algue introduite en Méditerranée.
Un impact très important... L'extension de cette moquette végétable permanente se poursuit d'années en années jusqu'à couvrir la totalité des fonds disponibles. Peu à peu, elle domine ou élimine les autres algues et affecte les herbiers de posidonies. La faune subit également de profonds changements, en particulier la faune fixée (gorgones, éponges...) ou peu mobile (oursins...). Peu ou pas mangée par poissons et invertébrés marins, cette nouvelle végétation dominante ne constitue pas une nourriture de remplacement, ce qui aggrave son impact écologique. Dans les zones les plus anciennement et densément envahies, on observe une diminution de l'abondance de certains poissons. Des répercussions sur l'économie et les activités humaines commencent également à être constatées avec pêche côtière et plongée qui, dans certains sites, commencent à être gênées.
Plaisanciers, inspectez vos ancres et chaines après chaque mouillage.Pêcheurs, contrôlez vos filets et chaluts.Plongeurs, vérifiez vos sacs et matériels avant chaque plongée.
Un risque majeur pour la Méditerranée... Les recherches sur la progression de cette algue et les impacts qu'elle entraine confirment les craintes des scientifiques qui, dès 1990, avaient attiré l'attention des autorités sur le risque majeur que l'invasion de cette espèce introduite pouvait représenter pour la biodiversité, les équilibres écologiques et les ressources exploitées de l'ensemble des petits fonds méditerranéens.
Le point sur l'éradication Demandée dès 1991, alors que cela était encore possible, l'éradication totale de l'algue n'a pas été effectuée. Depuis fin 1992, les surfaces concernées sont trop importantes et on sait que l'on ne pourra plus l'éliminer totalement par des moyens physiques ou chimiques (arrachage manuel, aspiration, sel, cuivre...). Certaines de ces techniques continuent à être testées. Elles pourraient permettre d'éliminer des petites taches isolées et éloignées des grandes zones envahies comme cela a déjà été fait avec succès. Des recherches prometteuses de lutte biologique sont aussi à l'étude (utilisation de limaces, de mollusques se nourrissant exclusivement de Caulerpes).
Ainsi, si on ne peut plus rien faire pour les zones les plus envahies,on peut encore ralentir l'expansion de cette algue.
Où la trouver ?
Plus discrète en hiver, la Caulerpa taxifolia ne disparaît cependant jamais: elle peut résister quelques jours à 7°C et 3 mois à 10°C. Elle reprend ensuite son développement et sa survie en Méditerranée n'ont ainsi rien à voir avec le rechauffement des eaux ou du climat, et aucun hiver, même rigoureux, ne le fera disparaître.
Peut-on la manipuler ? Doit-on l'arracher ? On peut la toucher sans danger mais des lois et recommandations (adoptées en France, en Espagne, et par des organisations internationales) interdisent ou déconseillent sa récolte, sa vente et son transport. Récolte et éradication sont des opérations délicates soumises à autorisation car toute manipulation augmente le risque de dissémination et rend plus difficile la surveillance du point contaminé).
Soyez vigilants. Ne la disséminez pas !Ne contaminez pas de nouveaux sites !
Un fragment d'algue peut survivre plus d'une semaine hors de l'eau dans un endroit humide et tempéré (puits d'ancre, filet enroulé, sac ou matériel de plongée...). Une fois rejeté en mer, il reprendra son développement. Sans la vigilance de chacun, aucun site n'est à l'abri. L'homme peut involontairement transporter cette algue à partir de sites déjà colonisés. Ceci explique que l'algue progresse par sauts, parfois de plusieurs centaines de km, et qu'elle soit essentiellement découverte dans des sites de mouillage, des ports ou des zones de pêche.
Il faut nous la signaler... Plus de 90% des stations connues à ce jour ont été indiquées par des plongeurs apnéistes, plaisanciers et pêcheurs. Pour connaître la progression de l'algue et, en conséquence, mieux adapter les stratégies de contrôle et de lutte, nous avons besoin de votre aide. Si vous connaissez ou découvrez d'autres zones atteintes par la Caulerpa taxifolia, il est très important de prévenir au plus vite le Laboratoire Environnement Marin Littoral situé à l'université de Nice-Sophia Antipolis par téléphone au 04 92 07 68 46 ou par fax au 04 92 07 68 49 en indiquant quelques éléments (lieu exact et profondeur de l'observation, substrat (sable, roche, herbier de posidonies...) et surface approximative occupée). Indiquez également votre nom et les coordonnées pour d'éventuelles précisions.
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