Trouver une place aux
bateaux de passage, satisfaire les attentes des plaisanciers, rendre leur séjour le plus
agréable possible, c'est son rôle. Avec le sourire.

" J'ai toujours rêvé de
travailler à Port-Fréjus. Mon grand-père m'en parlait souvent, car ce projet est très
ancien ". Rêve exaucé pour le Raphaëlois Philippe Manon, qui intègre
Port-Fréjus le 12 juillet 1989, jour de son inauguration. Il y débute comme agent
portuaire, ayant suivi une formation " métiers de la mer " au GRETA.
Ce passionné pêche en mer gravit les
échelons. Aujourd'hui placé sous la direction de Jean-Marie Garnier, directeur du port
de Fréjus, il est maître de port adjoint. Un pivot de la capitainerie en somme, tout
comme Franck Guiart, responsable du service technique.
706 places dont deux-tiers amodiées
Si son " boss "
assure la gestion des 706 places, dont les deux-tiers amodiées, c'est-à-dire achetées
par des plaisanciers, et un tiers en location, Philippe a un rôle spécifique au niveau
du passage.
" Ce sont des visites non
prévues pour lesquelles on arrive toujours à trouver une solution. Notre politique est
de ne pas refuser un client. Il doit être ouvert à tous. Alors, on a des astuces ".
Entre autres, il surveille tous les départs des permanents et se renseigne sur la durée
de leur absence, afin de proposer leur place aux arrivants inattendus.
" Je dois avoir en tête
toutes les disponibilités, afin de parer à tout imprévu ". Quand un anneau
est ainsi loué, la SEM reverse 85% du prix à l'amodiataire.
Tous les bateaux de passage sont
attendus par un marin d'accueil qui prend les amarres. Ils sont sept, à faire les
trois-huit, et constituent l'équipe de Philippe Manon. La nuit, un agent portuaire et un
maître-chien assurent une surveillance du site.
S'adapter aux changements de rythme
Au bureau du port dont il est
responsable, l'accueil se poursuit. " On est là pour satisfaire les petits
besoins des plaisanciers, vendre les jetons de douche, rendre de petits services, leur
proposer le bon interlocuteur en cas de souci. Ce matin, une personne avait besoin d'un
marin pour changer de place, je les ai mis en relation ".
Philippe a les qualités requises pour
remplir sa mission : sourire, sens de la communication et de l'organisation, esprit
d'initiative. Il faut aussi accepter les changements de rythme, d'une saison à l'autre;
s'adapter aux cadences : " parfois on a pas un client pendant deux heures, et on
se retrouve envahi en dix minutes ".
Zen, il assume.
Un accueil qui fait une réputation
Le port a la réputation d'être
accueillant. Et pour cause, " on va parfois au-delà de nos attributions, et on
fait un peu l'office du tourisme ". Avec toujours comme objectif, satisfaire le
plaisancier pour le fidéliser.
Au-delà de son métier, Philippe Manon
s'investit dans une association " Le chant des dauphins " qui emmène des enfants autistes à la rencontre des
mammifères marins sauvages de la Méditerranée. " Cinq enfants sont venus fin
Juin. Les dauphins avaient rendez-vous avec eux. Ils étaient vingt à l'étrave, et une
centaine patrouillait alentour. Un grand moment ".
Et comme ses journées
d'été ne sont pas assez remplies, il est le coordinateur chaque année de l'opération Delphis pour Fréjus et Saint-Raphaël. Elle est programmée chaque
année le 3ème dimanche de Juillet.
Article paru dans le journal
Var-Matin du 18 juillet 2002
