Plaisance : hivernage des bateaux
Accueil Remonter Forum Livre d'or Liens Téléchargement Contact

 

Conseils pour bien passer l'hiver


D'un bon hivernage dépend souvent la santé printanière des navires de plaisance. Les opérations indispensables sont plus ou moins couteuses selon la taille et la nature du bateau, générant toute l'activité économique des chantiers navals

C'est à quai qu'un bateau se dégrade le plus. La flottille des navires de plaisance passe, pour la très grande majorité de ses unités, 11 mois à l'anneau ou à terre pour ne prendre le large qu'à l'heure des vacances. L'immobilisation de l'hivernage impose au propriétaire un entretien rigoureux et la prise de précautions draconiennes pour que son capital bateau ne se réduise pas à zéro en l'espace de quelques saisons.
« L'essentiel de cette flotte est composé de petites unités à moteur entre 8 et 12 mètres de long », explique François Daboussy, directeur du chantier naval de Port Fréjus, appartenant au Monaco Marine Group qui possède 4 chantiers sur le littoral azuréen.

La grande fragilité des embases

« Ces bateaux sont généralement équipés d'un système de propulsion à embase - selon une technique venue des États Unis et des pays nordiques - particulièrement fragile, mais qui fait désormais autorité. Cette partie immergée, faisant fréquemment appel à l'aluminium, se révèle sujette à la corrosion, voire à des phénomènes électrolytiques.

Pour ce type d'embarcation le mieux est encore une sortie de l'eau. On changera les soufflets qui protègent les échappements et cardans et on fera tourner le moteur pour le rincer à l'eau douce. On procédera ensuite à une vidange de toutes les transmissions. Comme la plupart de ces bateaux utilise l'essence comme énergie, on changera tout ce qui peut toucher à l'allumage avant le redémarrage. On dispersera un film avec un produit anticorrosion ou antioxydation sur tout le circuit électrique.

Resteront alors deux solutions : soit l'entrée en garage pour l'hivernage soit la mise sous « cocon » avec bâche thermoretractable, complètement étanche, après rinçage des circuits à l'eau douce.
Cette dernière méthode qui s'apparente au traitement des produits agroalimentaires sous film devient de plus en plus prisée. Il suffit en effet de percer deux ouies d'aération pour stocker le bateau en plein air, dont l'intérieur sera ainsi ventilé.

Plus classique la solution d'entrée en garage couvert sans ce « cocon » protecteur, mais de plus en plus difficile en raison du manque de place pour le stationnement des bateaux. Il n'est pas rentable en effet en littoral azuréen de créer des garages à bateaux en bordure de mer et si ces garages sont trop éloignés du littoral, le cout du transport en diminue l'attrait. Toutefois le manque de place dans les ports développe la profession de gardiennage et la constitution de « ports à sec » pour lesquels la solution du « cocon » s'avère excellente.





Avant la remise à l'eau

Calfeutrée en hiver cette flottille doit pouvoir revivre au printemps à partir du moment ou l'on a pensé à déconnecter tous les circuits électriques et mis les batteries au sec avec des charges régulières.
Bien entendu avant remise à l'eau il aura été procédé au nettoyage des carènes et passage d'une couche de peinture sur les parties immergées.

« Le temps de vieillissement d'un bateau c'est essentiellement celui de sa non utilisation », constate François Daboussy. Et le responsable du chantier d'annoncer qu'un bon entretien pour l'hivernage impose entre 20 et soixante heures de main d'œuvre, auxquelles il faut rajouter environ une somme de la moitié correspondant à la fourniture de pièces. Il faudra aussi compter avec une grosse révision du moteur tous les quatre ans. Car curieusement, en milieu marin, les mécaniques qui tournent peu se dégradent vite.

« C'est le contraire des camions qui roulent tous les jours et alignent des centaines de milliers de kilomètres sans souci », remarque le responsable du chantier.

Jacques GUERBOIS.  



Précédente Accueil Remonter Suivante

Copyright - manon.org - 02/01/2000 - lettre.gif (4085 octets) - Mise à jour le dimanche 11 novembre 2001