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US Navy contre baleines :
un dialogue de sourds

1 août 2001

                         
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Jamais en panne de nouvelles idées pour soulever des polémiques, la Marine américaine a encore frappé. Depuis le début des années 80, elle teste en secret un nouveau programme de sonar très sophistiqué. Nom du bébé : " Low Frequency Active Sonar " ( LFAS). Son but : détecter les nouvelles classes de sous-marins silencieux ennemis en inondant les océans d'ondes sonores à très forte intensité. Sans parler de la valeur militaire de cet engin, qui reste à prouver, les risques pour l'environnement, eux, ne font aucun doute.

Baleines et dauphins utilisent le son pour communiquer, s'orienter, détecter leurs prédateurs et leurs proies. Leur survie dépend donc de leur acuité auditive : en d'autres termes, une baleine sourde est une baleine morte. Or, les ondes LFA sont des milliers de fois plus intenses que ce qu'on peut considérer comme " seuil acceptable " pour ces mammifères. En cas de " rencontre ", ce qui est tout de même une perspective hautement envisageable, les sons assourdissants émis par le sonar interféreraient avec leurs fonctions vitales et créeraient des dommages irréparables. En substance, les scientifiques craignent qu'une longue exposition aux LFA ne soit fatale à des populations entières. Imaginez une vague sonique si intense que même à très grande distance, elle peut vous faire exploser l'oreille interne, provoquer une hémorragie pulmonaire ou auriculaire ou pire, vous tuer. Vous aurez alors une petite idée des dégâts que ce sonar peut provoquer.

Ce n'est pas la première fois que les tests soniques de l'armée sont sujets à controverse. L'année dernière, lors d'un exercice d'entraînement du côté des Bahamas, des baleines de quatre espèces différentes se sont échouées sur les plages du nord des iles. Coïncidence ? L'autopsie a révélé que toutes sauf une avaient été victimes d'hémorragies de l'oreille interne, signe incontestable de traumatisme acoustique. Un rapport de l'US Navy a également reconnu - sans l'admettre vraiment - qu'il était " fort probable " que l'échouage résultait de l'utilisation d'un sonar à moyenne fréquence. On sait que plus la fréquence sonore est basse, plus elle se répand loin dans l'océan et, par conséquent, menace de dérégler les fonctions biologiques des mammifères marins. Or, en dépit de cet événement tragique et d'autres du même acabit, la Navy veut maintenant déployer le système LFA - plus perfectionné et donc nuisible que tout ce qui a été employé jusqu'à présent - sur 80% de nos océans. Car le doute subsiste : les faits sont troublants, mais il est très difficile d'établir à 100% la responsabilité du sonar dans la mort des cétacés. Et la Navy compte bien sur cette zone d'ombre pour faire voter par le Congrès américain les fonds nécessaires à la mise en place du projet.

Le NRDC ( Natural Resources Defense Council) a lancé une pétition pour convaincre le Congrès américain de ne pas ratifier ce projet. Jean-Michel Cousteau, James Taylor ( chanteur compositeur) et 007 Pierce Brosnan se sont déjà associés au projet. Pour en savoir plus, cliquez ici. La pétition ne fonctionne pas sur la France mais vous pourrez toujours mailer vos impressions! A bon entendeur…

Texte: Vanessa Garcia

Port-Fréjus Passion - www.manon.orgLettre.gif (4085 octets)  - Source Seamply

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