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Le Japon a capturé 159 baleines :
à des fins de recherche (soit-disant!)

7 août 2001

                         
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C’te blague ! Une flotte de six bateaux-usines japonais qui avaient appareillé en mai pour le Pacifique nord est revenue mardi au Japon avec une prise de 159 baleines. Officiellement, il s’agit d’une capture à des fins de "recherche", ha ha ha ! 100 rorquals, 50 rorquals de Bryde, huit cachalots, plus une baleine supplémentaire capturée «par erreur », la pauvre. Ca, c’est de la recherche, de la pure et dure. "Pour obtenir des informations sur les ressources en rorquals, nous avons depuis l'an passé ajouté les rorquals de Bryde et cachalots comme objets de recherche afin d'analyser la relation entre les baleines et l'industrie de la pêche(sic)", a indiqué l'agence de la pêche niponne. L’analyse de la relation entre la pêche et les baleines ? Simple comme bonjour. Un bon coup de canon lance-harpon.

Cette campagne de « recherche » est excellente, puisque la taille de la prise est double par rapport à la pêche de la saison précédente. Selon l'agence de la pêche, la dernière campagne japonaise a permis de découvrir que les rorquals se nourrissent de sardines et vivent plus au nord que le rorqual de Bryde, qui affectionne les petites crevettes. C’est-y pas une information de première importance ?

Le Japon a arrêté depuis 1988 la chasse commerciale à la baleine à la suite d'un moratoire adopté par la Commission baleinière internationale adopté en 1982. Mais Tokyo a entrepris depuis 1987 la capture de baleines officiellement à but scientifique en profitant d'une clause du moratoire autorisant ce type de chasse. Selon Greenpeace Japan, ce que l’on « appelle chasse à des fins de recherche consiste surtout à stimuler la demande de viande de baleine au Japon et à maintenir un marché commercial pour cette nourriture". On ne s’en serait pas douté. A la décharge des Japonais, il faut savoir que la viande de baleine au pays du soleil levant, c'est un peu comme le foie gras en France : un met de luxe très apprécié et culturellement bien ancré au fonds de l'estomac. Imaginez l'OMC demandant à la France de stopper le gavage des oies... Le moratoire de 1982 a fait grimper les prix de cette viande, du coup cette question culturelle se double d'un aspect prosaïquement économique : l'exploitation de la baleine est devenu très rentable pour les pêcheurs.

P. Flouriot

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