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Commission Baleinière Internationale :
un bilan mitigé

23 / 26 Juillet 2001 - Londres

                         
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Cette réunion a eu le mérite de faire éclater le scandale au grand jour, car cette fois-ci, les choses ont été clairement affirmées par le Commissaire nippon lui-même. Dans une interview accordée à une radio australienne (ABC) en avril dernier, Monsieur Komatsu déclarait qu'une partie des fonds d'aide au développement distribués par son pays étaient consacrés à l'adhésion de nouveaux membres au sein de la CBI. Les états caraïbes, le Panama, le Maroc et la Guinée se sont ainsi laissés convaincre d'adhérer à cette Convention afin d'aider le Japon dans sa course vers la levée du moratoire adopté en 1982. L'observation des votes de ces pays - systématiquement identiques au vote du Japon - prouve que cette alliance résulte d'un processus proche de la corruption. Pour la première fois, Sandra Lee, ministre néo-zélandais de l'environnement, a eu le courage de porter officiellement cette réalité à la connaissance des délégations dans un discours clairement orienté vers la protection. Alors que seuls deux pays membres chassent encore la baleine, la majorité protectrice est bloquée dans toutes ses décisions importantes par cette coalition stratégique.

Echec à l'Islande et aux sanctuaires
Malgré ce contexte, Greenpeace salue la décision de la Commission de refuser le droit de vote à l'Islande qui souhaitait rejoindre celle-ci avec une objection au moratoire. Ce pays reste ainsi membre avec un simple statut d'observateur. Cette victoire des protecteurs n'a cependant pas pu éviter au Japon et à ses amis de mettre en échec les propositions de sanctuaires dans le Pacifique Sud et en Atlantique Sud. La majorité des ¾ n'a pu être obtenue, malgré le soutien d'une vingtaine de pays. En revanche, le dossier du Revised Management Scheme (RMS ou Schéma révisé d'exploitation) qui régit l'ensemble des règles de chasse, reste toujours bloqué sur les modalités d'inspection et de contrôle des opérations baleinières. Un groupe d'experts est chargé de trouver des compromis pour la réunion prévue en mai 2002 à Shimonoseki (Japon). Par ailleurs, un certain nombre de résolutions (portant notamment sur les captures accidentelles de cétacés, sur les chasses japonaises et norvégiennes, ainsi que sur les menaces environnementales) ont été adoptées à une majorité toujours serrée en raison de la coalition baleinière.

Le cadeau de Greenpeace au Japon et à Paul Spong
Une bannière constituée de centaines de dessins sur tissu, d'une longueur de 120 mètres et réalisée par des jeunes français, a été exposée sur le parvis du Novotel Hammersmith où s'est réunie la CBI. Un échantillon de cette œuvre a été remis à la délégation japonaise. Le reste va rejoindre une autre grande bannière réalisée en 1996, à l'initiative de Paul Spong, spécialiste des orques en Colombie Britannique. Celle-ci mesure déjà 2,5 kilomètres et fait le tour du monde pour soutenir la protection et la liberté des cétacés.

La contribution française va permettre de se rapprocher du troisième kilomètre… Les œuvres des enfants seront ainsi pérennisées et ceux-ci ne verront pas leur travail se perdre entre les mains des harponneurs de baleines.

La protection des baleines passe par la CBI

La CBI est actuellement la seule convention internationale compétente en matière de cétacés. Née du regroupement de chasseurs, elle est devenue au fil des années un organe de protection avec ses failles, ses faiblesses, mais un outil quand même. Son champ d'action n'inclut pas les petits cétacés (qui ne bénéficient actuellement d'aucune protection internationale) mais de nombreuses ONGs travaillent dans le sens d'une CBI pour tous les cétacés, grands et petits. Cela permettrait peut-être de réduire le nombre de prises intentionnelles et accidentelles de ces animaux.

Rudiments zoologiques
Les cétacés sont des mammifères marins qui se divisent en deux grandes familles :

- les odontocètes ou cétacés à dents (dauphins, cachalots, orques, marsouins, bélouga, narval)
- et les mysticètes ou cétacés à fanons (baleines).

Les cétacés concernés par les discussions de la CBI sont

tous les mysticètes :

Le Japon part en croisade pour l'achat de votes
La 53ème réunion de la Commission Baleinière Internationale (CBI) vient de s'achever à Londres. Greenpeace et les protecteurs des baleines en ressortent avec le sentiment mitigé d'avoir repoussé, une fois de plus, l'échéance d'une reprise de la chasse commerciale, en constatant cependant une inexorable progression des pays baleiniers et assimilés.
baleine grise, Eschrichtius robustus
baleine franche du Groenland, Balaena mysticetus
baleine franche australe, Eubalaena australis
baleine franche boréale, Eubalaena glacialis
baleine franche pygmée, Caperea marginata
baleine ou rorqual bleu, Balaenoptera musculus
rorqual commun, Balaenoptera physalus
rorqual de Bryde, Balaenoptera edeni
rorqual de Sei, Balaenoptera borealis
petit rorqual, Balaenoptera acutorostrata
baleine à bosse, Megaptera novæangliae.

et un odontocète :

le grand cachalot, Physeter macrocephalus.

En dehors du petit rorqual qui n'a jamais subi de chasse industrielle parce trop petit pour intéresser les baleiniers de l'époque, toutes les espèces citées ont subi de graves prélèvements. La baleine bleue et les baleines franches sont toujours dans une situation critique. Les autres remontent doucement leurs effectifs mais on ignore à quel point les pollutions et modifications liées au réchauffement climatique ont un impact sur leur avenir. D'où la première précaution qui s'impose : ne pas reprendre la chasse.

Historique de la Commission Baleinière Internationale
Pendant des siècles, les grands cétacés ont été soumis à une chasse commerciale sans merci. Avec la motorisation des navires et la création du canon lance-harpon en 1868 par le Norvégien Sven Foyd, le massacre a bien failli aboutir à l'extinction de certaines espèces. À l'issue de la seconde guerre mondiale, les 19 pays baleiniers se regroupent pour tenter de gérer leur ressource devenue rare. Ils créent alors la Convention Baleinière Internationale, pour établir et se répartir des quotas de chasse selon des règles précises. Dans un premier temps, les pays-membres de la Commission Baleinière Internationale instaurent la Blue Whale Unit (BWU), une unité de base calculée sur le tonnage moyen de la baleine bleue (1 BWU équivaut à une baleine bleue ou à 2 rorquals communs ou à 3 baleines à bosse, par exemple). Ainsi, un pays pouvait disposer d'un quota de 5000 BWU et harponner sans distinction d'espèce, de sexe ni d'âge tout grand cétacé. Ce premier système n'est abandonné qu'en 1971 en raison du danger qu'il représente pour les "stocks de baleines" et donc pour l'industrie. La protection totale par la CBI de la baleine à bosse décidée en 1966, et de la baleine bleue en 1967) ne change rien au désastre.

Arrive ensuite la New Management Procedure, système d'attribution de quotas tenant compte des différentes espèces. Mais là encore, c'est la catastrophe pour les baleines, car les quotas ne sont pas respectés et la chasse-pirate sévit aux quatre coins du globe. En 1994, l'ex-URSS avoue officiellement ne pas avoir déclaré la moitié de ses prises dans les années 60. Quid des autres nations qui tuent alors tout ce qui souffle dans les océans, et ne déclarent que les quotas autorisés ? À ce jeu-là, la baleine bleue, déjà mal en point, est amenée au bord de l'extinction.

C'est alors que, dans les années 70, quelques militants de Greenpeace révèlent les pratiques illégales et abusives des baleiniers. En s'interposant, au péril de leur vie, entre baleines et harpons, et en filmant les scènes de chasse, ils montrent au monde entier ce qui se passe au large. En 1982, avec l'appui de pays comme la France, le moratoire sur la chasse commerciale est enfin adopté après des années de rudes négociations. Il signifie l'arrêt total de toute prise commerciale et n'est appliqué qu'en 1986, afin de permettre aux flottes japonaises de se convertir. Le moratoire a été adopté pour une durée indéterminée, le temps d'élaborer une procédure de gestion capable de préserver les baleines tout en satisfaisant les besoins d'une industrie baleinière modérée.

La seule exception au moratoire est faite en faveur de certaines populations dont la culture et la subsistance dépendent de cette chasse : les Inuits du Groenland et d'Alaska, les Chukchis (Sibérie Orientale), et les habitants de Bequia (St Vincent, dans les Caraïbes). Il s'agit de la chasse aborigène de subsistance, soumise toutefois à des règles et à des contrôles réguliers. Les quotas sont revus tous les trois ans, et plus si nécessaire, afin de ne pas menacer les espèces concernées.

En 1982 également, le sanctuaire baleinier de l'Océan Indien était adopté pour dix ans (il a été reconduit en 1992)... et le cachalot est déclaré espèce protégée. Grande année ! Enfin plus récemment, c'est le sanctuaire des Mers Australes, proposé par la France, qui a été adopté en 1994.

Le problème des objections : tout pays a le droit d'objecter à une décision prise - même à une écrasante majorité - par la CBI. Voilà pourquoi la Norvège a objecté au moratoire dès 1982 et a repris en 1993 une chasse commerciale au petit rorqual. L'ex-URSS a également objecté au moratoire mais sans reprendre d'activité baleinière, du moins pour le moment.
Quant au Japon, il a retiré son objection après que la CBI a décidé de repousser l'application du moratoire jusqu'en 1986. Ce délai lui a permis de mettre au point l'hypocrisie de sa chasse scientifique actuellement pratiquée dans les Mers Australes et en Pacifique Nord. Cette chasse cible les petits rorquals et depuis 2000 les cachalots et les rorquals de Bryde.

Prises norvégiennes déclarées pour l'année 2000
En Atlantique Nord, avec une flotte de 32 navires
prises commerciales : 487 petits rorquals (sur un quota de 655 animaux)

Prises japonaises déclarées pour l'année 2000
En Mers Australes : 400 petit rorquals
En Pacifique Nord : 40 petits rorquals sur un quota de 100
5 cachalots sur un quota de 10
43 rorquals de Bryde sur un quota de 50

Entre temps, des scientifiques bien intentionnés mettent au point la Revised Management Procedure (RMP), un nouveau système de calcul de quotas, théoriquement très sécurisant pour les grands cétacés car il tient compte de nombreux paramètres (rythme de reproduction, menaces environnementales, zones de chasse, identité génétique des populations, etc.) pour limiter les captures à leur minimum. La RMP a été adoptée en 1994 par la CBI malgré les réticences de nombreux pays qui estiment qu'il ne faut plus envisager de chasse et que l'on ne peut se fier aux pays baleiniers pour qu'ils respectent les quotas attribués.

Reste à voter pour ou contre le Revised Management Scheme (RMS), qui regroupe toutes les règles de chasse, dont le système d'inspection et de contrôle des opérations baleinières, sujet qui divise de manière apparemment insoluble pays baleiniers et like-minded (pays protecteurs). Une fois le RMS adopté, la seule barrière à lever avant la reprise officielle de la chasse serait le moratoire. Et nous n'en sommes pas loin...

Fonctionnement
La CBI se réunit une fois par an pour sa séance plénière. Elle convoque parfois sa bonne trentaine de pays-membres pour des réunions intersessionnelles consacrées à des sujets bien particuliers (sanctuaires, RMS, méthodes de mise àmort des baleines, trafic de viande de cétacés, écotourisme baleinier, etc.). Chaque pays est représenté par une délégation pouvant aller de une à trente personnes. La délégation est menée par un commissaire. Pour la France, celui-ci est nommé par le ministère des Affaires Étrangères. Les délégués assistent le commissaire. Ils peuvent être issus d'autres ministères (environnement, pêches, etc.) et d'organismes associatifs, scientifiques, etc. Pour sièger à la CBI, le gouvernement concerné doit s'acquitter d'une adhésion dont le montant est proportionnel à l'effectif de sa délégation.

Tout pays dispose d'une voix lors des votes. Outre les grandes décisions adoptées depuis sa création, la CBI adopte ou rejette des résolutions émises à l'initiative de ses membres sur des sujets aussi variés que les menaces environnementales, l'écotourisme baleinier, les petits cétacés, la chasse scientifique, etc.

Le rôle des ONGs (pro et anti chasse baleinière), présentes en tant qu'observateurs (moyennant un droit d'inscription de 5000 F ne couvrant ni l'hébergement ni le voyage) est déterminant pour informer et influencer les délégations. Ce travail de lobby s'effectue lors des repas, cocktails, pause-cafés et réceptions qui jalonnent la semaine de réunion annuelle. Les ONGs ne peuvent pas prendre la parole durant la réunion.

Tous les ans, la commission est accueillie dans un pays différent. Cette année, la CBI se tiendra à Londres du 23 au 26 juillet 2001. En 2002, elle devrait se tenir en Nouvelle-Zélande.

Limites
La CBI ne peut prendre aucune sanction contre ses membres, même s'ils enfreignent le règlement. Elle peut seulement signaler par des résolutions telle ou telle infraction. Par contre chaque pays-membre peut prendre des sanctions diplomatiques ou économiques à l'encontre de pays ne respectant pas les décision adoptées par la commission.

Les enjeux de 2001
Les principaux sujets qui animeront la réunion de Londres seront :

- l'adoption du RMS ;
- la proposition australienne et néo-zélandaise de sanctuaire dans le Pacifique Sud ;
- la proposition brésilienne de sanctuaire dans l'Atlantique Sud ;
- l'avenir de la CBI (qui semble arriver dans une impasse et risque d'imploser entre baleiniers et protecteurs campés sur leurs positions).

Stratégie japonaise dans le cadre de la Commision Baleinière Internationale

Depuis plusieurs années, le Japon opère une stratégie d'achat de votes, de manière très progressive mais sûre. Ce pays contrôle actuellement les votes de 6 états caraïbes et de la Guinée. Lors de la dernière réunion annuelle de la CBI en juillet 2000 à Adélaïde, tous ces pays se sont opposés au Sanctuaire Baleinier du Pacifique Sud, à l'instar du Japon. De manière générale, tous ces pays votent et s'expriment systématiquement comme le Japon.

Après la réunion annuelle de la CBI en 1999, le Vice-Ministre Japonais des Pêches, M. Hiroaki Kameya annonçait que le Japon allait démarrer un programme mettant en œuvre son Aide Officielle au Développement (ODA) pour aider certains pays à rejoindre la CBI. Leur mission serait de soutenir la position nippone en faveur de la chasse. Un objectif de 13 nouveaux pays est ciblé, de quoi procurer un vote majoritaire pour les pays baleiniers. En août 1999, Kameya rendait visite au Zimbabwe, en Namibie et en Guinée. Ces pays confirmèrent ensuite à la presse leur prochaine adhésion à la CBI. Au passage, le président du Zimbabwe assurait Kameya de son soutien pour un déclassement des baleines dans le cadre de la CITES, sujet récurrent depuis quelques années et toujours renvoyé à la compétence de la CBI. Peu après, le Maroc et la Mauritanie déclaraient qu'ils envisageaient favorablement de sièger également à la CBI. La Guinée fait partie des pays-membres depuis le début de l'an 2000, et le Maroc depuis le début de cette année.

Comment expliquer cette soudaine arrivée des pays de l'Afrique Occidentale à la CBI?
Depuis 1995, à l'initiative du Maroc, les pays d'Afrique Occidentale sont regroupés en une organisation de gestion de leurs pêcheries : la Conférence Ministérielle sur la Coopération Halieutique entre les Etats Africains Riverains de l'Atlantique. Parmi ses 22 membres se trouve la Guinée. Le Maroc en assure le secrétariat, basé à Rabat. Cette organisation constitue un véritable creuset de pays alliés potentiels du Japon. Une délégaiton nippone assiste à toutes les réunions de cette organisation à travers la JICA (Japan International Cooperation Foundation) et la OFCF (Overseas Fisheries Cooperation Foundation). Les intérêts du Japon pour la pêche en Atlantique Sud expliquent cette présence.
On sait qu'au moins 4 palangriers industriels pêchent le thon sous pavillon de complaisance guinéen. Depuis 1996, les flottes guinéennes n'ont déclaré aucune prise à l'ICCAT alors que 1920, 2750 et 3680 tonnes de thon ont été respectivement importées en 1996, 1997 et 1998 au Japon. Origine présumée : ces 4 navires placés arborant pavillon guinéen...

Adhérer à la CBI coûte cher
Selon Kameya, la barrière auquel sont confrontés les pays désireux de rejoindre la CBI est le montant annuel de l'adhésion. Un pays ne peut voter s'il ne s'est pas acquitté de cette cotisation qui n'inclut ni les frais de déplacement ni ceux d'hébergement.
M. Kameya affirme que si l'adhésion coûtait moins cher, plus 13 pays tels les Iles Fidji, Trinidad et Tobago, le Zimbabwe et plusieurs pays du Pacifique Sud siégeraient à la CBI, portant la minorité baleinière actuelle (10 pays) à une menaçante majorité de 23 pays.
C'est pourquoi la ligue baleinière du LDP (parti politique majoritaire au Japon) travaille depuis des années pour faciliter l'accès de pays aux moyens financiers modérés voire très limités, à la CBI. Officiellement, il ne s'agit évidemment pas d'achats de votes mais d'une aide à des pays craignant de porter atteinte à leur image diplomatique et à leurs intérêts économiques en s'exprimant à la CBI devant les nations occidentales. Le Japon entend faire valoir le droit de ces pays à exploiter leurs ressources halieutiques en les protégeant des grands cétacés qui sont alors accusés de prélever 3 à 6 fois plus de poisson que les pêcheries mondiales : "Les populations de baleines se sont tellement développées qu'elles portent atteinte aux stocks de poisson, déclarait M. Hideki Monoruki, Ministre nippon de l'Agriculture, des Forêts et des Pêches. Mais la CBI, qui n'est en fait qu'un regroupement d'opposants à la chasse baleinière, refuse d'entendre toutes les déclarations du Japon."

Baleines goulues ?
Il y a quelques années, les dauphins passaient 80% de leur temps en activités sociales et déplacements ; et seulement 20% en activités alimentaires. Aujourd'hui, les proportions sont inversées : ces mêmes dauphins passent 80% de leur temps à chercher leur nourriture. Il en est de même pour les baleines qui, contrairement à certaines idées reçues, ne se nourrissent pas seulement de plancton. Depuis les années 90, il n'est pas rare de trouver des baleines échouées amaigries.
La surexploitation des ressources marines par les flottes de pêche est la cause de ces troubles, et non le prélèvement naturel par les cétacés. Cette exploitation industrielle se compose en grande partie de pêche minotière (pour la transformation du poisson en farine qui alimente ensuite les élevages industriels de saumon, porc, volailles, etc.).

Pour produire un kilo de viande industrielle,
il faut en moyenne 5 kg de farine de poisson,
soit 25 kg de poisson !!!

La pêche minotière représente entre le quart et le tiers de la pêche mondiale et 90% des prises chiliennes.

Alors de la baleine ou de l'homme, qui consomme et qui gaspille?
Qui outrepasse ses besoins alimentaires au mépris de l'équilibre océanique?
Telle est la question que doivent se poser les politiques nippons au lieu de présenter le problème sur des bases tronquées : plmutôt que de comparer les quantités capturées par les animaux et les humains, il faut examiner leur balance respective besoin/consommation. En ce qui concerne les cétacés l'équation est simple : besoin = consommation.
Si les mammifères marins dans leur ensemble prélèvent de grandes quantités de poisson et céphalopodes, cela correspond à leurs besoins de subsistance. Par ailleurs, étant donnés les massacres du passé et les difficultés actuelles de survie dans un environnement perturbé, les populations de cétacés ne sont pas surabondantes. Rappelons que les baleines franches boréales et les baleines bleues sont toujours en danger d'extinction, et que toutes les baleines grises ont disparu de l'Atlantique.
Dans le cas de l'humain, l'équation "consommation > besoin" s'impose, en particulier à cause du gaspillage minotier et non à cause de la surpopulation : si seulement la moitié du poisson minotier (hareng, chinchard, anchois, etc.) était distribuée aux pays pauvres au lieu d'être transformée en aliments pour bétail industriel, de nombreux problèmes de famine pourraient être réglés.

Quoiqu'il en soit, il est inopportun d'accuser les mammifères marins, et les cétacés en particulier, de piller les ressources halieutiques. Cela n'est qu'un mauvais prétexte à reprendre la chasse baleinière.

Port-Fréjus Passion - www.manon.orgLettre.gif (4085 octets)  - Source Greenpeace

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